Bien-être au travail : l’expérience de Carole Berthelot entre entreprise, prévention et mouvement
Carole Berthelot accompagne les entreprises et leurs collaborateurs autour de la prévention, du mouvement et du bien-être au travail. Sa particularité tient à une double expérience : plus de 30 ans de vie professionnelle en entreprise, qu’elle poursuit aujourd’hui encore au sein d’un grand groupe, et une pratique de l’intervention en entreprise engagée depuis 2016.
Elle anime aussi bien des ateliers ponctuels autour de la qualité de vie et des conditions de travail que des cours collectifs réguliers. Gestion du stress, prévention des troubles musculo-squelettiques, mouvement, respiration, récupération : son approche part toujours d’une réalité qu’elle connaît de l’intérieur, celle des salariés et de leur quotidien professionnel.
Cette expérience de terrain s’appuie sur des pratiques et des qualifications acquises au fil des années dans le Qi Gong, le Tai Chi, le Yoga du Visage, l’activité physique adaptée et la méthode YOGIST Well At Work®. Des outils différents, mais reliés par une même conviction : remettre du mouvement et de la conscience dans des journées de travail devenues largement sédentaires.
Carole ne vient pas du monde de l’entreprise. Elle y est toujours.
Depuis plus de 30 ans, Carole Berthelot évolue dans le monde de l’entreprise. Aujourd’hui encore, au sein d’un grand groupe, son métier l’amène à travailler quotidiennement avec les chiffres, dans un environnement largement sédentaire et sur écran.
Elle connaît donc de l’intérieur les journées passées devant un ordinateur, les transports, les rythmes soutenus, la fatigue, les tensions physiques, le stress, mais aussi ces moments où l’on réalise que plusieurs heures se sont écoulées sans avoir réellement bougé.
Parallèlement à cette vie professionnelle, Carole enseigne depuis des années des pratiques fondées sur le mouvement, la respiration et l’attention portée au corps.
Cette phrase résume une grande partie de son parcours. Elle n’a jamais cherché à opposer deux univers. Son expérience professionnelle nourrit sa manière d’accompagner les autres et, inversement, les pratiques corporelles qu’elle enseigne ont profondément modifié sa façon de vivre ses propres journées de travail.
Lorsqu’elle intervient auprès de salariés, elle ne découvre donc pas leurs contraintes depuis l’extérieur. Elle les connaît parce qu’elles font encore partie de son quotidien.
Quand le corps finit par rappeler qu’il existe
Cette attention portée à la prévention n’est pas née d’une théorie. Elle s’enracine aussi dans l’histoire personnelle de Carole.
En 2009, elle mène une vie professionnelle et familiale particulièrement intense. Le travail occupe une place importante, les journées sont longues, les pauses rares. Elle est alors jeune mère, travaille beaucoup, bouge peu et reconnaît aujourd’hui avoir longtemps placé ses propres besoins au second plan.
C’est à cette période qu’une maladie chronique se déclare. Carole sera éloignée de son activité professionnelle pendant près de trois ans.
Elle ne présente pas cette période comme une démonstration médicale ni comme une relation simple de cause à effet. Elle la raconte comme le moment où elle a compris qu’elle ne pouvait plus considérer le corps comme quelque chose qui suivrait indéfiniment le rythme qu’on lui impose.
Cette idée de prévention deviendra progressivement centrale : ne pas attendre que la douleur, l’épuisement ou les tensions prennent toute la place pour commencer à s’occuper de soi.
Le mouvement comme fil conducteur
Qi Gong, Tai Chi, Yoga du Visage, activité physique adaptée, méthode YOGIST Well At Work® : vues de l’extérieur, les pratiques de Carole pourraient sembler appartenir à des univers différents.
Pour elle, elles sont pourtant reliées par une même idée.
Pas nécessairement un mouvement intense ou associé à la performance. Plutôt un mouvement conscient, accessible, qui invite à remettre le corps dans la journée, à respirer, à ralentir lorsque cela est nécessaire et à retrouver des sensations que le travail sur écran finit parfois par faire oublier.
Cette approche s’organise pour Carole autour de trois mots : santé, vitalité et ressourcement.
Prendre soin de soi suffisamment tôt, préserver ses capacités et développer des habitudes favorables au mouvement et à la prévention.
Retrouver de l’énergie, de la disponibilité, de l’enthousiasme et cette sensation d’être pleinement présent dans ce que l’on fait.
Créer des moments qui permettent de revenir à soi, de retrouver du calme, de respirer et de reconstituer ses ressources.
Il n’existe évidemment pas une seule manière de se ressourcer. Marcher, respirer, pratiquer un mouvement, lire, observer un paysage ou simplement s’accorder quelques minutes de véritable pause peuvent remplir cette fonction.
L’important, pour Carole, est de retrouver la capacité à identifier ce dont nous avons besoin et à remettre ces moments dans notre quotidien.
De « stressée et stressante » à la personne zen du bureau
Carole raconte volontiers une anecdote qui mesure mieux que de longs discours le chemin parcouru.
Avant que le Qi Gong ne prenne une place régulière dans sa vie, une évaluation professionnelle l’avait décrite comme « une personne stressée et stressante pour l’équipe ».
Quelques années plus tard, la perception est presque inversée. Dans son environnement professionnel, elle est désormais identifiée comme la personne « zen », celle vers laquelle collègues et managers se tournent lorsqu’un cou est tendu, que les yeux fatiguent devant l’écran, que le dos devient inconfortable ou que la pression monte.
Ils lui demandent un mouvement, une respiration, une idée simple à essayer.
Cette évolution ne constitue évidemment pas une preuve scientifique de l’effet d’une pratique. C’est son expérience personnelle. Mais elle explique pourquoi Carole parle aujourd’hui d’une « boîte à outils » plutôt que d’une recette unique.
Elle a expérimenté ces outils sur elle-même, les enseigne, s’est formée pour les transmettre et connaît le contexte dans lequel les salariés doivent réellement pouvoir les utiliser.
Prévention du stress, des TMS et de la sédentarité : agir dans la vraie vie professionnelle
Les problématiques évoquées par Carole dépassent largement son expérience personnelle.
Les troubles musculo-squelettiques (TMS) constituent aujourd’hui la première cause de maladies professionnelles reconnues en France. Le travail prolongé sur écran, les postures maintenues, la répétition de certains gestes, l’organisation du travail et de nombreux autres facteurs peuvent participer à l’apparition ou à l’aggravation de douleurs et de troubles.
La sédentarité constitue également un sujet de santé à part entière. Les recommandations sanitaires convergent sur un principe simple : réduire autant que possible le temps total passé assis et interrompre régulièrement les périodes prolongées de sédentarité par du mouvement.
Concernant le stress professionnel, l’INRS rappelle qu’une prévention efficace ne peut pas reposer uniquement sur l’individu : elle doit d’abord s’inscrire dans une démarche collective qui s’intéresse au travail et à son organisation.
Quelques repères institutionnels
L’Assurance Maladie identifie les TMS comme la première cause de maladies professionnelles en France.
Source : Assurance MaladieL’Anses recommande de réduire le temps quotidien passé assis et d’interrompre les périodes prolongées de sédentarité. Les connaissances continuent d’évoluer sur la fréquence optimale de ces interruptions.
Source : AnsesL’INRS privilégie une prévention collective, centrée sur le travail et son organisation, afin d’agir sur les causes plutôt que seulement sur les manifestations du stress.
Source : INRSUn atelier de mouvement, de respiration ou de prévention ne remplace donc pas une politique de santé au travail, une démarche ergonomique ou une action sur l’organisation lorsque celles-ci sont nécessaires.
Il peut en revanche apporter une dimension complémentaire très concrète : permettre aux collaborateurs de découvrir des gestes, de les ressentir, de les tester et surtout de pouvoir ensuite les réutiliser de manière autonome dans leur quotidien.
Informer, expérimenter, agir
Carole résume sa démarche en trois verbes.
Comprendre pourquoi le mouvement, la respiration, les changements de posture et les pauses ont leur place dans une journée professionnelle.
Essayer concrètement des mouvements et des pratiques simples, accessibles et compatibles avec l’environnement de travail.
Repartir avec quelques outils suffisamment simples pour pouvoir être utilisés ensuite sans dépendre systématiquement d’un intervenant.
L’objectif n’est donc pas seulement de proposer un moment agréable pendant une heure. Il est que chacun puisse repartir en pensant : « Je peux faire quelque chose, même simplement, dans ma journée. »
En entreprise depuis 2016 : rien n’est standard
Carole intervient en entreprise depuis 2016, à la fois lors d’ateliers ponctuels de qualité de vie au travail et de prévention, et dans le cadre de cours collectifs réguliers.
Cette expérience lui a appris une chose essentielle : un groupe ne se résume jamais au programme prévu sur une feuille.
Elle observe ce qu’elle appelle la « météo intérieure » des participants : leur niveau d’énergie, leur fatigue, les tensions exprimées, mais aussi le contexte du moment dans l’entreprise.
Un groupe particulièrement fatigué n’a pas nécessairement besoin de la même séance qu’un groupe tendu ou agité. Une période de forte pression professionnelle peut appeler davantage de respiration et de relâchement. Des journées très longues devant l’écran peuvent conduire à travailler plus spécifiquement autour des yeux, de la nuque, du dos ou de la mobilité.
Carole arrive avec ses compétences, son expérience et sa boîte à outils. Puis elle adapte.
Cette capacité d’adaptation tient autant à ses qualifications qu’à cette double position particulière : elle connaît l’entreprise comme salariée et comme intervenante.
Prendre soin des salariés, c’est aussi montrer quelle entreprise on veut être
Pour Carole, les enjeux de santé et de bien-être au travail ne concernent pas uniquement le confort individuel des collaborateurs.
Ils disent aussi quelque chose de la culture d’une entreprise.
Parler de qualité de vie et des conditions de travail est une chose. Donner une place réelle à la prévention, permettre aux collaborateurs de participer à des actions concrètes et leur donner des outils qu’ils peuvent utiliser dans leur quotidien en est une autre.
Ces actions ne remplacent évidemment ni le management, ni l’organisation du travail, ni les obligations de prévention de l’employeur. Mais lorsqu’elles s’intègrent dans une démarche cohérente, elles peuvent contribuer à rendre tangible l’attention portée à la santé, à l’équilibre et aux conditions de travail.
Elles participent alors à un environnement dans lequel les salariés peuvent percevoir que le sujet n’est pas seulement affiché dans un discours de marque employeur, mais qu’il trouve une traduction dans leur quotidien.
Deux mondes qui se nourrissent l’un l’autre
Il serait finalement assez simple de raconter l’histoire de Carole comme celle d’une salariée qui aurait quitté l’entreprise pour se consacrer au bien-être.
Mais ce n’est précisément pas son histoire.
Elle continue à évoluer dans l’entreprise. Elle continue à travailler avec les chiffres. Elle continue à connaître les transports, les écrans, les réunions, les rythmes et les contraintes auxquels sont confrontés les collaborateurs qu’elle accompagne.
Et parallèlement, elle enseigne le Qi Gong, le Tai Chi et le Yoga du Visage, développe son expertise autour du mouvement et de la prévention, intervient en entreprise depuis 2016 et enrichit continuellement les outils qu’elle peut transmettre.
« Je ne renonce pas. »
Choisir, dit-on souvent, c’est renoncer.
Carole Berthelot a décidé de ne pas choisir entre ses deux univers.
Parce que son expérience de l’entreprise lui permet de mieux comprendre les personnes qu’elle accompagne. Parce que le mouvement lui a appris à vivre autrement ses propres journées professionnelles. Et parce qu’entre les deux s’est progressivement construite une même conviction : prendre soin de soi ne devrait pas commencer lorsque le corps ou l’esprit ne peuvent plus suivre.
Prévenir. Bouger. Respirer. Retrouver de la disponibilité et de la vitalité. Puis revenir au travail avec davantage de conscience de ce dont nous avons besoin.
C’est probablement là que se rejoignent le plus naturellement les chiffres et le mouvement.
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